Extrait d'une interview de Patrick Le Lay, président de la chaîne TF1
(juillet 2004)
"Il y a beaucoup de manières de parler de la télévision. Mais dans une perspective "business", soyons réalistes : à la base le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit.
Or, pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages.
Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible".
Implication
Voilà comment nous nous abrutissons le soir devant des émissions stupides, et comment, lorsque vient le moment de la publicité et que nous sommes bien calés au fond de notre fauteuil, comme par magie le volume du téléviseur augmente sans que l'on touche à notre télécommande.
Là, brusquement, nous sommes sortis de notre abrutissement, nous ne sommes plus passifs devant la télévision mais pleinement réceptifs pour ressasser et machouiller notre leçon quotidienne de publicité : "Que vais-je devoir acheter pour me sentir bien, pour me sentir accepté et reconnu".
Le média de masse, la télévision, la presse, la publicité, c'est le mouton bizness : la machine à fabriquer des moutons.
Regarder la télévision. Tendre vers les mêmes envies. Vouloir tout, tout de suite et sans effort. Réclamer tous les droits mais n'assumer aucun devoir. Avoir peur de se poser des questions, de s'engager. Vivre standard. S'effacer dans la majorité. Ne plus avoir de singularité.